Honora: Ah non, pas de gâteau maintenant,
petite gourmande!
Nancy: (boudeuse) Pas gâteau?
Honora: (riant) Non, non!
Nancy: Nanny pas jolie!
Honora sourit en berçant la petite fille. Elle aimait
vraiment son travail, et ces enfants.
Les voir ainsi malheureux lui faisait mal au coeur.
Certes, ils avaient tous le confort matériel dont on
pouvait rêver, mais voilà que quelques mois seulement
après le décès en couche de leur mère,
et le décès de leur petit frère agé de
quelques jours seulement, ils avaient vu partir leur père
pour cette effroyable guerre qui n'en finissait pas.
Et il fallait chaque jours les rassurer, leur mentir, alors
qu'elle savait très bien qu'il y avait de fortes chances
pour que leur père ne revienne jamais. En effet,
anéanti par la mort de sa femme, il avait semblé
perdre tout goût à la vie, délaissant
même ses enfants... Nul doute qu'il se jetterait dans la
guerre sans soucis pour sa propre vie...