La silhouette se
tenait raide dans l'air nocturne, au loin retentissaient des cris
et des aboiements.
Des larmes
brûlantes se mirent à jaillir de ses paupières
closes, elle les essuya d'un geste vif:
*Je ne
dois pas pleurer! Au contraire, nous seront bientôt
réunis, toi et moi, et rien ne saura plus nous
séparer, Garreth... Ni les hommes, ces félons qui
t'ont arrachés à moi, ni même la mort ne sera
un obstacle! J'EN FAIS LE SERMENT!
Les
aboiements des chiens se rapprochent, on me recherche, on a
repéré ma fuite. Qu'importe, le temps qu'ils
viennent, il sera trop tard.
Je
n'épouserais pas celui qui à causé ta perte
qui t'as fait jeter ici comme un malpropre, loin du caveau de tes
ancêtre; qu'il prenne tout, les biens, le
château.
Il m'a
déjà arraché ce qui m'était le plus
cher.
A
présent, il est temps.*
La jeune femme
s'approcha de la pierre tombale. Elle sortit un petit sachet de
velour noir de sa robe, dessera les liens de cuir qui le
maintenaient fermé, et y plongea deux doigts, qu'elle porta
à ses lèvres, couvert d'une étrange
poussière blanche.
Elle s'allongea
à même le sol, et ferma les paupières,
goûtant pour la dernière fois la fraîcheur de
l'air nocturne.